Le trésor de la Sierra Madre

The Treasure of the Sierra Madre, Ed. Sillage, 2014

Auteur :B. Traven
Pays :Etrange Pays
Traducteur :Paul Jimenes
Saison :2014/2015
Résumé : L’or est un appât, magique mais dangereux dont on n'arrive pas à se détacher une fois qu'on y a touché, dit le vieux prospecteur Howard. Lui-même, en dépit de ses cheveux blancs, n'est-il pas prêt à retourner fouiller le sable aurifère de la Sierra,s'il réussit à trouver l'argent pour acheter du matériel?
Le jeune Dobbs qui l'écoute sent son intérêt s'éveiller : pourquoi ne pas tenter sa chance au lieu de traîner misère entre deux engagements dans les mines ou les camps de forage ? Il en discute avec son camarade Curtin. La décision est vite prise, ils partiront avec Howard.
C’est sur le chemin du retour que la fièvre de l'or frappe Dobbs, préparant à cette rude aventure menée avec acharnement pendant des mois au coeur de la Sierra Madre un dénouement brutal qui n'est pas dépourvu d'humour. Ainsi s'achèvera par une note philosophique et gaie cet excellent roman sur la vie et le destin des chercheurs d'or.
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Note sur Le Trésor de la Sierra Madre

Der Schatz der Sierra Madre paraît en 1927, à Berlin, à la Büchergilde Gutenberg. Une traduction anglaise, due à Basil Creighton, est publiée en 1934, à Londres, chez Chatto & Windus, sous le titre The Treasure of the Sierra Madre.
L’année suivante, l’auteur publie sous le même titre sa propre traduction de l’ouvrage, à New York, chez l’éditeur Alfred A. Knopf. Il s’agit d’une seconde version du texte, qui reprend la trame de la première en développant la plupart des épisodes. Traven insère quelques détails destinés notamment à mieux ancrer le texte dans la réalité mexicaine. La critique de l’influence de l’Église sur les Indiens se durcit. Les remarques concernant les mœurs de la population sont plus nombreuses et plus précises – ce qui peut s’expliquer par le fait que l’auteur a pu en quelques années approfondir sa connaissance du pays où il réside.
C’est cette version américaine que nous avons choisi de traduire.
Une première traduction française du Trésor de la Sierra Madre, due à Henri Bonifas, parut en 1937, à Lausanne, à la Guilde du Livre. Elle s’appuyait sur la version allemande et portait la mention « adapté par Charles Baudoin » – de fait, certains passages importants n’y figuraient pas, notamment le chapitre XII. Cette traduction fut reprise telle quelle dans plusieurs collections de poche, certaines l’annonçant tirée de l’allemand, d’autres de l’anglais.

http://editions.sillage.free.fr/auteurs/traven.html
Bio auteur : 'Énigme littéraire. Connu sous une trentaine de fausses identités et une demi-douzaine de feintes nationalités.' Ainsi débute la notice consacrée à B. Traven par la Bibliothèque Nationale de France. L’auteur a, en effet, une réputation de mystère.
Le nom de B. Traven apparaît pour la première fois en 1924, au Mexique. La personne qui l’utilise a été auparavant Ret Marut, acteur vivant en Allemagne, responsable d’une revue anarchiste à Munich à la fin de la Première Guerre mondiale. Condamné à mort en 1919 pour activisme, il quitte le pays au début des années 1920. Le nom de Ret Marut n’est mentionné nulle part avant 1907 et les biographes n’ont pas pu déterminer d’où venait celui qui l’employait. Sa carte de résident à Ohrdruf, datée de 1908, indique qu’il est né en 1882 à San Francisco (une ville dont les archives ont brûlé en 1906). En 1912, une autre carte de résident, à Düsseldorf cette fois-ci, indique que Marut est de nationalité britannique. En 1917, il se fait enregistrer à Munich comme citoyen américain. Il n’existe aucun autre renseignement sur ses origines.

Bien entendu, Traven n’a rien fait pour dissiper le mystère. Au Mexique, il a vécu et publié sous divers pseudonymes : B. Traven bien sûr, mais aussi Traven Torsvan ou Hal Croves. Il refusait d’expliquer à quoi renvoyait l’initiale « B. » qui précédait son nom, et fuyait les appareils photographiques. Lui qui écrivait principalement en allemand s’obstinait à se faire passer pour anglais ou américain, parfois pour scandinave, et il nia sa vie durant être d’origine allemande – peut-être par peur d’être extradé. Des admirateurs de son œuvre ont essayé de découvrir qui était l’homme d’avant Traven et d’expliquer pourquoi il se cachait : tour à tour il fut le fils naturel de Guillaume II, le président du Mexique, Jack London, Arthur Cravan, quand le nom de Traven ne dissimulait pas un collectif… Peu à peu, des journalistes et des universitaires se sont efforcé d’éclairer les zones d’ombre – citons notamment les travaux de Karl S. Guthke, qui examine toutes ces hypothèses dans l’indispensable B. Traven : Biographie eines Rätsels. Nous ne savons rien de l’homme que fut Traven avant 1907. La vie de Ret Marut nous est assez connue. Quant à celle que mena Traven au Mexique, les sources de renseignement abondent à son sujet.



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