Mon oncle le jaguar



Auteur :Joao Guimaraes Rosa
Pays :Brésil
Traducteur :Jacques Thiériot
Saison :2010/2011
Résumé :Après des décennies de silence, on commence enfin à redécouvrir ce Brésilien mort en 1967, probablement l’un des écrivains majeurs de ce siècle. Cette longue nouvelle publiée pour la première fois en 1961 a été écrite avant Diadorim, l’oeuvre majeure publiée en 1956. Comme Diadorim, c’est un monologue-dialogue où parle un seul protagoniste, un métis chasseur de jaguar, texte barbare où s’entremêlent interjections, onomatopées et harmonies imitatives, cris d’animaux, mots portugais et toupis. A l’opposé de la description, on vit le jaguar de l’intérieur, on l’observe et l’imite jusqu’à se changer, comme le chasseur, en jaguar, et c’est le langage qui incorpore “le moment magique de la métamorphose”, comme dans les Cantos d’Ezra Pound. Guimaraes Rosa, qui avait parcouru tout le Minas Gerais en recueillant toutes formes de parler non écrit, est ici allé le plus loin dans son travail de décomposition-recomposition du langage - retour à l’oralité primitive et primordiale par laquelle se transmettent les mythes. Opposé et pourtant parallèle à Diadorim - roman-fleuve de vengeance et d’amour, baroque, bouleversant, excessif, épique - ce petit livre est comme lui inoubliable.

Lucile Negel (directrice des éditions de l'Agly)
Bio auteur :Poète usant d'une langue qui mêle néologismes et archaïsmes dialectaux, il a transformé l'épopée du sertão en métaphore universelle, transcendant ainsi la prose d'une réalité régionaliste, ouvrant une voie au roman brésilien moderne. Né dans l'État de Minas Gerais, Guimarães Rosa empruntera à cette région son folklore et ses personnages dans une œuvre qu'il écrira en grande partie entre 1956 et 1967. Après une vingtaine d'années de voyages et de représentation diplomatique (à Hambourg, Bogotá, Paris), il s'établit en 1953 à Rio où il se consacre à la littérature ; il avait fait paraître en 1946 un recueil de nouvelles Sagarana. En 1956 paraît Corpo de Baile, cycle de nouvelles où il raconte son pays, sept contes poétiques s'articulant en une sorte de vaste rétable du sertão où les mystères de l'homme et de la nature atteignent la dimension de l'universel. La même année paraît Diadorim, où un homme âgé et respecté raconte sa vie de jeune bandit, auprès de Diadorim, chef de bande idéalisé, au travers d'un monologue infini déployant la fresque colorée, sauvage du Nordeste. Cet unique roman sera suivi dans les années 60 de plusieurs recueils de nouvelles très courtes où le sertão sert de cadre, de matière au développement de subtils et étranges jeux de langages par lesquels Guimarães Rosa se rapproche encore de Joyce.







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