Trans-Atlantique

(Pornografia), C. Bourgois, 2004

Auteur :Witold Gombrowicz
Pays :Pologne
Traducteur :Georges Lisowski
Saison :2009/2010
Résumé :Lorsque Gombrowicz arrive en Argentine, il a trente-cinq ans, et il ignore que jamais plus il ne verra sa Pologne natale. C'est que nous sommes en août 1939, et qu'en décidant de ne pas rentrer au pays quand la guerre éclate, sa vie s'oriente désormais vers l'inconnu. Issu de la petite noblesse, jeune plume montante (Ferdydurke paraît en 1937), Gombrowicz renonce en effet d'un bloc à sa patrie, à ses premières ambitions, et à un destin tout tracé. L'Argentine sera ainsi le temps et le lieu de la rupture, mais aussi le temps et le lieu de la jeunesse enfin accessible, puis de la maturité littéraire (La Pornographie, le Journal). « Pologne 9490 jours, Argentine 8395 jours » notera-t-il vingt-quatre ans plus tard pendant le voyage qui le ramène vers l'Europe, celle ”de l'Ouest”, où il mourra bientôt à Vence, en 1969. Mais le décompte des jours n'y change rien : toutes ses années argentines, Gombrowicz les aura vécues en étranger, tiraillé entre mépris et fascination pour le Nouveau Monde. Et jusqu'à son dernier jour, malgré l'exil et la critique féroce de ses compatriotes, il sera resté Polonais, de langue et de culture. Rédigé à partir de 1947, Trans-Atlantique est justement le récit de cet arrachement à la terre natale.

Dans une prose qu'il qualifiait lui-même de « parlée plus qu'écrite », Gombrowicz s'inspire donc d'événements vécus. Mais vite, il bascule vers une autre réalité : celle du conte, de la farce, du rêve. Récit picaresque et démesuré, Trans-Atlantique devient alors un véritable conte autobiographique, où une galerie de personnages plus baroques les uns que les autres incarneront la Pologne et l'Argentine, le Père et le Fils, le devoir et les plaisirs, l'exigence et la jeunesse, toutes les facettes d'un Gombrowicz écartelé entre deux mondes, d'un Gombrowicz trans-atlantique.

« Dans une prose archaïque, parlée plus qu'écrite, je raconte comment, à la veille de la guerre, j'atterris en Argentine, comment l'explosion de la guerre m'y surprit. Moi, Gombrowicz, je fais la connaissance d'un 'puto' (pédé) amoureux d'un jeune Polonais, et les circonstances me font l'arbitre de la situation : je peux précipiter le jeune homme dans les bras du pédéraste, ou faire en sorte qu'il reste auprès de son père, un commandant polonais vieux jeu, très honnête et très honorable. [...] Que choisir ? La fidélité au passé... ou la liberté d'un devenir ouvert ? [...] Qu'il se crée lui-même ? Dilemme qui aboutit dans le roman à un éclat de rire général qui dépasse jusqu'à ce dilemme. »
Bio auteur :Witold Gombrowicz (4 août 1904, Maloszyce, près de Kielce, Pologne - 24 juillet 1969, Vence, près de Nice, France) est un écrivain polonais. Il est aujourd'hui reconnu comme l'un des plus grands auteurs du XXe siècle et a influencé de nombreux écrivains, tels que Milan Kundera.
Issu d'une famille de la noblesse terrienne de la région de Varsovie, il étudie le droit à l'Université de Varsovie, puis la philosophie et l'économie à l'Institut des hautes études internationales1 de Paris. La publication des Mémoires du temps de l'Immaturité en 1933 puis de Ferdydurke en 1937 l'impose comme l'enfant terrible de la littérature moderne polonaise. Il se lie avec les écrivains d'avant-garde Bruno Schulz et Stanislas Witkiewicz.
Arrivé en Argentine pour un court séjour en 1939, l'invasion de la Pologne par l'Allemagne nazie le dissuade de rentrer en Europe. Il finit par rester vingt-cinq ans en Argentine. Sa vie au milieu du peuple argentin ainsi que de l'intelligentsia de l'émigration polonaise est racontée dans son Journal, publié à Paris dans la revue polonaise Kultura ; on en trouve également des échos romancés dans son Trans-Atlantique. L'œuvre de Gombrowicz, interdite en Pologne par les nazis puis par les communistes, tomba dans un relatif oubli jusqu'en 1957 où la censure fut levée provisoirement.
Gombrowicz revient en Europe en 1963, à Berlin d'abord grâce à une bourse de la fondation Ford. Son œuvre connaît alors un succès croissant en France et en Allemagne. En mai 1964, il s'installe en France à Royaumont, près de Paris. Il y emploie comme secrétaire Rita Labrosse, une canadienne de Montréal qui devient sa compagne, puis sa femme . En septembre 1964, il déménage définitivement à Vence (près de Nice), petite ville où résident de nombreux artistes et écrivains.
En 1967, Cosmos reçoit le Prix International de Littérature. Gombrowicz épouse Rita Labrosse le 28 décembre 1968 (six mois avant sa mort). Il décède à Vence en 1969 d'insuffisance respiratoire, à la suite d'une longue maladie.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Witold_Gombrowicz

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