Mon nom est rouge

(Benim adïm kïrmïzï), Gallimard 2001.

Auteur :Orhan Pamuk
Pays :Turquie
Traducteur :Gilles Authier
Saison :2009/2010
Résumé :Mon nom est rouge est une immense fresque, la peinture détaillée d'Istanbul à la fin du XVIe siècle, rendue vivante par la multiplicité des narrateurs et des situations qui composent ce foisonnant roman. Dès les premières lignes du premier chapitre, étrangement intitulé 'Je suis mon cadavre', l'auteur semble vouloir nous plonger dans une intrigue policière : du fond d'un puits, c'est un cadavre qui nous parle, celui de Délicat, l'un des plus talentueux enlumineurs des ateliers du sultan, et dont l'âme n'a pas encore quitté l'enveloppe charnelle. Puis, c'est le tour de Le Noir, un homme qui rentre à Istanbul après de longues années d'errance, mais qui n'a jamais oublié qu'il y avait laissé son seul amour, Shéruké, une toute jeune fille, maintenant une femme et mère de deux enfants, Shevket et... Orhan (un hasard qui n'en est pas un, car l'auteur confesse volontiers son affinité avec ce dernier personnage, expliquant que certains passages sont tout simplement autobiographiques). La belle Shéruké, veuve sans l'être véritablement, s'adresse elle aussi au lecteur, narrant comment elle vit entre ses deux fils et son vieux père, que tout le monde nomme Monsieur l'Oncle. C'est à ce dernier que le sultan a commandé une oeuvre unique, que certains considèrent comme hérétique : un livre extraordinaire dont les peintures s'inspireraient de l'art européen et célébrerait la grandeur du sultan et de son royaume.
L'intrigue policière est peu à peu prétexte pour nous mener à des réflexions esthético-religieuses passionnantes, l'art du peintre étant indissociable de l'adoration portée à Dieu. Deux conceptions religieuses, spirituelles et sociales s'affrontent ici : alors que les artistes occidentaux revendiquent un 'style' et une originalité personnelle et signent leurs toiles, les peintres ottomans se doivent de représenter toute chose à l'identique, de mémoire, d'après les oeuvres des anciens maîtres, 'afin de représenter le monde, non tel qu'ils le voient, mais tel qu'il est aux yeux de Dieu'. Mais au-delà de ces oppositions, l'auteur s'interroge sur l'art lui-même : qu'est-ce qu'un grand peintre et qu'est-ce qu'un style
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https://www.sitartmag.com/orhanpamuk.htm
Bio auteur :Orhan Pamuk est un écrivain turc, né le 7 juin 1952 à Istanbul. Ses romans ont rencontré un énorme succès dans son pays et dans le monde. Ils sont traduits en plus de 20 langues. L'auteur a remporté trois grands prix littéraires en Turquie, le prix France-Culture en 1995, le prix du meilleur livre étranger du New York Times en 2004, le prix des libraires allemands le 22 juin 2005 et le prix Médicis étranger pour Neige le 7 novembre 2005.
Le 12 octobre 2006, il a obtenu le prix Nobel de littérature.
L'écrivain Ferit Orhan Pamuk est né à Istanbul, le 7 juin 1952. Il vient d'un milieu relativement aisé et francophile. Il grandit dans le quartier de Nisantasi, dans l'immeuble familial du même nom que sa famille. Il étudie trois années l'architecture dans une université stanbouliote, mais décide finalement d'abandonner ce cursus pour suivre une formation de journaliste.
Le premier roman de Pamuk, Cevdet Bey et ses fils (Cevdet Bey ve Oðullarý, 1982), trouve difficilement un éditeur mais rencontre des critiques favorables lors de sa parution et se voit attribuer plusieurs prix littéraires en Turquie.
L'auteur est considéré comme un contestataire dans son pays. Il a été le premier écrivain du monde musulman à condamner publiquement la fatwa islamique lancée contre Salman Rushdie en 1989. Il a également reconnu dans la presse en 2005 la culpabilité de la Turquie dans les génocides kurde et arménien ce qui lui a valu des menaces de mort une assignation à comparaître devant les tribunaux. Sous la pression internationale, les poursuites seront finalement abandonnées en 2006, année où il se voit par ailleurs décerner le prix Nobel de littérature.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Orhan_Pamuk

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