Etre sans destin



Auteur :Imre Kertèsz
Pays :Hongrie
Traducteur :Nathalia et Charles Zaremba
Saison :2004/2005
Résumé :De son arrestation, à Budapest, à la libération du camp, un adolescent a vécu le cauchemar d'un temps arrêté et répétitif, victime tant de l'horreur concentrationnaire que de l'instinct de survie qui lui fit composer avec l'inacceptable. Parole inaudible avant que ce livre ne vienne la proférer dans toute sa force et ne pose la question de savoir ce qu'il advient de l'humanité de l'homme quand il est privé de tout destin. Cette oeuvre dont l'élaboration a requis un inimaginable travail de distanciation et de mémoire dérangera tout autant ceux qui refusent encore de voir en face le fonctionnement du totalitarisme que ceux qui entretiennent le mythe d'un univers concentrationnaire manichéen.
Un livre à placer à côté du Si c'est un homme de Primo Levi.
Enfin reconnu, Imre Kertész a reçu le prix Nobel de littérature pour son 'oeuvre qui dresse l'expérience fragile de l'individu contre l'arbitraire barbare de l'histoire'.
Bio auteur :Né dans une famille juive modeste (son père est marchand de bois et sa mère petite employée), il est déporté à Auschwitz en 1944, à l'âge de 15 ans, puis transféré à Buchenwald. Cette expérience douloureuse le marque profondément et nourrira toute son œuvre.

Revenu en Hongrie, en 1945, il se retrouve seul, tous les membres de sa famille ayant disparu. En 1948, il commence à travailler comme journaliste. Mais son journal devient en 1951 l'organe officiel du Parti communiste, et Kertész est licencié. Il travaille alors quelque temps dans une usine, puis au service de presse du ministère de l'Industrie.

Congédié en 1953, il se consacre dès lors à l'écriture et à la traduction. À partir de la fin des années 1950 et tout au long des années 1960, il écrit des comédies musicales pour gagner sa vie. Il traduit de nombreux auteurs de langue allemande, tels que Nietzsche, Hofmannsthal, Schnitzler, Freud, Roth, Wittgenstein et Canetti, qui ont eu une influence sur sa création littéraire. Dans les années 1960, il commence à écrire Être sans destin, récit de la vie d'un jeune déporté hongrois, d'inspiration largement autobiographique. Ce roman n'a pu paraître qu'en 1975 et n'a reçu d'abord qu'un accueil assez modeste. C'est seulement après sa réédition, en 1985, qu'il a connu le succès.

Tenu à l'écart par le régime communiste, Kertész n'a commencé à être reconnu comme un grand écrivain qu'à la fin des années quatre-vingt. Il a obtenu en 2002 le prix Nobel de littérature, « pour une œuvre qui dresse l'expérience fragile de l'individu contre l'arbitraire barbare de l'histoire ».


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