Les routes de l’imaginaire



Auteur :Hella S. Hasse
Pays :Pays Bas
Traducteur :Annie Kroon
Saison :2003/2004
Résumé :Contre un mois de séjour gratuit dans une luxueuse villa de la Côte d'Azur, Klaas a promis de rédiger, pour le compte du magazine qui l'emploie, une sorte de roman policier interactif.
En marge de ce travail alimentaire, et à l'insu de tous (même de Maya, sa femme), il se passionne pour une bien plus noble énigme : la vie et l'œuvre d'un poète génial et méconnu. Sur l'autoroute qui les mène, lui et sa famille, vers leurs ' vacances ' méridionales, un accident survient. Maria et les enfants poursuivent leur voyage dans le camion de Joop, chauffeur routier, grand amateur d'histoires extraordinaires. Quelques jours plus tard, la famille se trouve réunie dans l'atmosphère étouffante d'une villa de Menton.
En silence, le couple s'interroge sur sa passion déclinante. Klaas cherche l'inspiration et rêve à son poète. Maya se souvient des récits que lui fit Joop le routier... Les Routes de l'imaginaire est un des romans les plus envoûtant qu'ait écrits Hella S. Haas. Par de paisibles méandres narratifs qui entrecroisent le mythe, la poèsie, le roman psychologique, la littérature fantastique ou noire, elle nous mène peu à peu en un point où les thèmes, les genres et les personnages les plus différents semblent mystérieusement s'accorder et se faire écho.
Tout au bonheur de découvrir, de s'évader, de s'abandonner aux pouvoirs de l'imagination, on cède alors au très secret sortilège de ces histoires, des fictions, ces films qui, un jour, ont su métamorphoser notre réel, nous éblouir,nous enchanter - comme d'un charme.
Bio auteur : (Batavia, Indes néerlandaises (Indonésie), 1918 — ). Hella / Hélène Serafia Haasse. Fille de Wilhem Hendrik Hasse (1889-1955), auteur de romans policiers publiés sous le pseudonyme de W. H. Van Eemlandt. Elle a publié des dizaines d'ouvrages, des romans, des essais, des pièces de théâtre, des textes pour le cabaret, des articles, et depuis ses débuts en 1948, « elle invente à chaque fois une forme romanesque nouvelle, se jouant malicieusement de la mauvaise douane qu'on a cru établir à la frontière entre fiction et document. » (Jean-Baptiste Harang).

« Débouchant sur une forme “post moderne”, l'œuvre insigne et plurielle de Hella S. Haasse offre l'exemple le plus parlant de cette tendance croissante à la défictionnalisation. Elle publia en 1948 un premier et court roman, Le Lac noir, qui traite sur un mode traditionnel de l'amitié entre le fils d'un haut fonctionnaire néerlandais et un jeune indigène des Indes néerlandaises - contrée où l'auteur passa son enfance -, une amitié qui laissera bientôt place à une prise de distance. (...) À force d'explorer les régions où histoire et littérature se rejoignent, Hella S. Haasse a fini par s'imposer, en terres néerlandophones, comme le premier auteur contemporain de romans historiques. Si jamais elle décide de s'arrêter sur l'époque actuelle, elle recourt le plus souvent à une composition ingénieuse fondée sur plusieurs strates temporelles afin de suggérer les répercussions que le passé peut avoir sur le présent. Dans ses romans proprement historiques, comme En la forêt de longue attente. Le roman de Charles d'Orléans (1949), elle s'emploie à décrire des événements qui se sont effectivement déroulés mais en prenant soin de cerner principalement les conflits qui opposent les caractères sur fond d'intrigues politiques et de rechercher, derrière les faits établis, ce qui anime et motive de tout temps les hommes. Dans des romans postérieurs comme La Ville écarlate (1952) et Un goût d'amandes amères (1966), on voit s'affirmer la vision que l'auteur privilégie dans le traitement des données historiques, laquelle suppose une préférence pour les périodes de transition ; dans des ouvrages plus récents, Hella S. Haasse a abandonné en revanche la position de narrateur omniscient pour laisser parler les documents eux-mêmes. Ces dernières années, elle a composé quelques romans mettant en scène des femmes du XVIIIe siècle : I'aristocrate néerlandaise non conformiste Charlotte-Sophie Bentinck (personnage de deux romans) ainsi que la marquise de Merteuil, la femme fatale de l'œuvre de Choderlos de Laclos, quelle fait revivre dans Une liaison dangereuse (1976). Avec Les Seigneurs du thé (1992), elle réaffirme son choix de la forme du collage et s'interroge une nouvelle fois implicitement sur l'image que nous nous formons du passé. » (Anne Marie Musschoot).



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