Etranges Lectures

















Petite présentation de "La porte" de Magda Szabo par Jean-Luc Moreau

Née à Debrecen, la « Rome calviniste » hongroise, Magda Szabó (1917-2007) débuta par des poèmes et publia ses premiers romans aussitôt après la deuxième guerre mondiale. De 1948 à la fin des années 50, elle fut, comme beaucoup d’autres, contrainte au silence par le pouvoir politique et interdite de publication, mais connut ensuite un vif succès et reçut dans son pays les prix les plus prestigieux. Dans ses œuvres, elle fait revivre la classe moyenne dont elle est issue, en analyse les complexités et les déchirements, soulève les problèmes moraux liés à l’évolution de la société. Parmi la quinzaine de ses romans publiés en français, les critiques ont particulièrement remarqué Fresque (1958), Dites à Sophie (1958),  Le Faon (1959), Bleu-île (1959), La Ballade d'Iza (1963),  Rue Katalin (1969).

 La Porte, qui dès 1987 avait consolidé sa réputation internationale grâce aux traductions allemande et anglaise, a obtenu en France, grâce à la belle traduction de Chantal Philippe, le prix Femina étranger en 2003. Le personnage central, Emerence, est une vieille femme, concierge ou plus exactement gardienne d’un bloc d’immeubles, que la romancière (car le livre est largement autobiographique) engage en outre comme « aide ménagère » au début du récit. En apparence vieille fille sans histoire, très dévouée mais d’un caractère imprévisible, Emerence interdit sa porte à quiconque. Peu à peu une relation de confiance rapproche les deux femmes et la narratrice finit par découvrir que la vie riche en événements de celle qui est devenue son amie a été marquée par tous les drames du siècle.

  Jean-Luc Moreau

 

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