Prix des lecteurs 2009-2010
Prix des Lecteurs Etranges LecturesPour la deuxième année, cette saison s’accompagne d’un prix des lecteurs. Depuis le 1er novembre 2009, une sélection de 5 romans est proposée au public des bibliothèques de Bergerac, Cénac-et-Saint-Julien, Coursac, Hautefort, Montignac, Périgueux, Piégut-Pluviers, Prigonrieux, La Roche-Chalais, Sarlat, Tocane-Saint-Apre et Verteillac. Les lecteurs sont invités à voter jusqu’au 30 avril 2010 pour le roman qu’ils auront préféré. Le titre plébiscité sera lu lors de la saison 2010-2011 et à l’issu d’un tirage au sort l’une des 12 communes du réseau départemental ayant participé accueillera la lecture choisie.
Les résultats seront proclamés en juin lors de la dernière lecture de la saison Mon nom est rouge d’Orhan Pamuk.
La sélection :
Italie : La chanson de Colombano d’Alessandro Perissinotto, La fosse aux ours
« Ippolito Berthe est le tout nouveau juge de Chiomonte, un village des Alpes, en cette année 1533. Il se trouve confronté à sa première affaire importante : toute une famille est retrouvée morte, quatre personnes, sans blessure apparente, mais baignant dans leur sang. Au dehors de nombreuses brebis mortes également. Et de façon étonnante, tout le village accuse Colombano, le tailleur de pierre qui s’est attaqué, depuis huit ans à une œuvre titanesque : creuser seul la montagne pour permettre à l’eau de venir de la vallée voisine irriguer les pâturages secs de Chiomonte. Colombano qui connaissait les victimes est atterré et clame son innocence, mais cela ne suffit pas contre la foule déchaînée. Il va falloir toute la détermination et toute l’intelligence du jeune juge pour arriver à le sauver de la corde, ou pire, de la sainte inquisition.
A la frontière entre le roman historique et le polar, Alessandro Perissinotto entraîne son lecteur en plein cœur de cet univers hostile. Folkloriste et sémiologue, l’auteur s’attache à dresser le contexte historique et géographique de son intrigue très précisément :le paysage bien entendu, primordial dans cette vallée des Alpes, mais surtout la population, les façons de vivre, la pauvreté, la faim, le froid, mais aussi les croyances, le poids de l’église et de la peur de la sorcellerie, la façon de rendre la justice …. Tout cela contribue à la vraisemblance du récit, à la crédibilité des personnages, et donne, au final un excellent roman bien noir, à l’enquête bien menée, que l’on referme enchanté, avec l’impression gratifiante d’avoir appris quelque chose.» Bibliosurf.com
Mexique : L’Escadron guillotine de Guillermo Arriaga, Phébus
« Guillermo Arriaga est mexicain. Normal qu'il s'amuse à raconter la révolution mexicaine (1910-1920) à sa façon : la moins respectueuse possible…non sans doute la moins vraie. Or donc, nous voici transportés au lendemain de la bataille de Torréon, qui voit la mythique División del Norte de Pancho Villa écraser les forces loyalistes…un pas décisif pour l'avancée de l'insurrection. Et nous suivons avec une honteuse curiosité les tribulations du licenciado Velasco, un avocaillon à la dérive qui manque plus d'argent que d'idées. Velasco a en fait beaucoup plus que des idées, il a UNE idée. Il soumet à Villa une invention extraordinaire, capable selon lui de semer la terreur parmi ses ennemis et de consolider son pouvoir comme jamais : la guillotine ! Mais très vite Villa se fatiguera de voir des corps sans tête gigoter comme des pantins. Il n'achètera pas la guillotine. Quoi qu'il en soit Valesco sera enrôlé malgré lui et nommé capitaine, Villa lui confie un escadron qui va bientôt s'illustrer au premier rang des troupes révolutionnaires.
Misères et splendeurs de cet escadron s’enchaînent alors au rythme des têtes qui tombent lors de scènes à la limite de l’humour absurde, se déroulant dans une ambiance de joyeux chantier plus ou moins organisé. Une écriture qui ne nous laisse reprendre notre sérieux que pour mieux nous asséner un nouvel épisode grotesque plus hilarant que le précédent. » Présentation de l’éditeur
Grèce : Saint homme de Nikos Panayotopoulos, Gallimard
« En 2003, un archevêque grec rassemble les preuves nécessaires à la canonisation d’un certain Ioannis l’Orphelin, mort en 1940. C’est alors qu’il reçoit une lettre étrange qui retranscrit la confession du présumé saint, dont toute la vie et même la mort ne seraient qu’une longue imposture… Jeune garçon en effet orphelin, Ioannis aurait été recueilli dans un petit village reculé d’Arcadie, privé de prêtre. Lorsque l’enfant déterre par hasard des ossements humains, on les prend pour ceux de saint Damascène. Un enchaînement de coïncidences, considérées comme autant de miracles, renforce la croyance des villageois qu’ils ont affaire à un saint homme. Pris au piège, l’Orphelin décide un jour de se retirer dans la solitude, mais sa décision ne fait que renforcer son aura de sainteté. Au point qu’un monastère est édifié autour de son ermitage et que le village devient un lieu de pèlerinage réputé. Fatigué de tenir ce rôle qui lui pèse, Ioannis décide de s’en aller, mais les villageois sont prêts à tout pour ne pas perdre leur source de prospérité…
Ancré dans une réalité très grecque, ce roman n’en pose pas moins la question universelle de la manière dont, dans toutes les sociétés, le mensonge, la roublardise, l’âpreté au gain, cohabitent avec les croyances, ou le besoin de croire, du plus grand nombre. Saint homme est aussi un livre hautement romanesque, fourmillant de personnages fascinants et de rebondissements dramatiques.» Présentation de l’éditeur
Indonésie : Gadis Pantai : la fille du rivage de Pramoedya Ananta Toer, Gallimard
« La jeune fille d'un pêcheur de la côte nord-est de Java (Gadis Pantai signifie " la fille du rivage " en indonésien) a été demandée en mariage par un aristocrate local, fasciné par sa grande beauté. Elle a quatorze ans et, dans cette Java féodale du début du vingtième siècle, elle n'a guère le choix. Ce mariage arrangé la fait passer sans transition d'une vie certes pauvre et rude, mais libre et naturelle, à une existence cloîtrée, dans la vaste demeure ceinte de murs de son époux, le Bendoro. La jeune fille est intimidée et malheureuse, mais doit très vite s'adapter au langage et aux usages de sa nouvelle vie. Grâce à une vieille servante, elle apprend à se comporter en maîtresse de maison, à se maquiller, à se purifier et à prier. Puis, incrédule, elle découvre qu'elle n'est qu'une épouse à l'essai après bien d'autres. Toutefois, elle ne se doute pas encore que son destin basculera cruellement lorsqu'elle donnera naissance à une petite fille quelque temps plus tard... Gadis Pantai est le récit d'une vie volée. D'une grande simplicité et d'une grande force, l'évocation de cette jeune fille abusée, de ce personnage de femme inoubliable, luttant pour rester libre jusqu'au bout, mais sans parvenir à maîtriser son destin, confirme la puissance narrative du romancier indonésien. » Présentation de l’éditeur
Norvège : Pas facile de voler des chevaux de Per Petterson, Gallimard
« L'été 1948, Trond a quinze ans, et il est heureux d'être seul avec son père en vacances, dans un village près de la frontière suédoise. Il y retrouve son camarade Jon qui lui propose un matin d'aller " voler des chevaux ". Il s'agit en réalité d'emprunter les chevaux d'un propriétaire terrien pour une petite échappée. Trond accepte, malgré une certaine appréhension, mais l'aventure se termine mal pour lui : il tombe de cheval et se blesse, puis assiste, impuissant, à une étrange explosion de rage et de violence chez son ami. Son père lui apprend alors que, la veille, un effroyable accident est survenu dans la famille de Jon, qui quitte le village peu après. Trond passe le reste de l'été en compagnie de son père, dont il se sent de plus en plus proche. Quand un voisin lui révèle que ce dernier a été un membre actif de la Résistance pendant l'occupation de la Norvège, il ne se doute pas encore que les événements dramatiques survenus pendant la Seconde Guerre mondiale vont jeter leur ombre sur sa propre famille et lui ravir son père. Plus de cinquante ans après, Trond décide de se retirer à la campagne au nord-est de la Norvège. Il a le sentiment que son rêve de quiétude est en passe de se réaliser lorsqu'un soir, il fait la connaissance de son voisin Lars, en qui il reconnaît le petit frère de Jon. Pas facile de voler des chevaux est un livre d'une intensité dramatique rare, habilement construit autour des secrets des personnages principaux. Les réminiscences d'un narrateur au soir de sa vie et son évocation d'un été inoubliable sont tout simplement bouleversantes. » Présentation de l’éditeur